robot femme
Image par Jonny Lindner de Pixabay

Alors que le big data était à la mode l’an passé, les start-ups semblent passionnées par l’intelligence artificielle. Ainsi, plus de 335 start-ups auraient levé des fonds en mars 2019, selon la cartographie que nous allons vous présenter ci-dessous.

L’iA: un terme devenu « fourre-tout » ?

Paul Strachman, fondateur de France is AI et associé du fonds d’investissement ISAI , déclare au sujet de cette nouvelle technologie très prisée:

« Avoir de l’IA dans son cœur de métier, est-ce développer ses algos de A à Z ? Est-ce appliquer les algos des autres, comme TensorFlow, à ses propres données ? Est-ce entraîner des réseaux de neurones, utiliser des API IA… ? C’est devenu compliqué de distinguer qui est une start-up IA et qui ne l’est pas ! »

Dans une étude détaillé rendue sur l’intelligence artificielle en Europe publiée en mars 2019, le fonds d’investissement britannique MMC considère que, sur 2830 start-ups Européennes qui affirment être spécialistes de l’IA, seules 1600 le seraient de manière effective. 40% d’entre elles usurperaient donc ce terme dans le cadre de l’activité qu’elle présente.

Cartographie intelligence artificielle
La cartographie des start-ups de l’IA (mapping France Digitale)

Une tendance également valable aux États-Unis

La tendance pour cet engouement lié à l’intelligence artificielle n’est pas uniquement Française.Aux États-Unis, cela commence dès l’incubateur, ou ce terme devient un véritable « buzzword ».

« Depuis quatre ou cinq ans, nous voyons passer de plus en plus de projets fantaisistes, qui se prétendent IA ou qui promettent de l’IA. Lorsque nous avons un doute, nous demandons l’expertise de data scientists pour analyser les propositions dans le détail. »

Jean-Michel Dalle, directeur d’Agoranov, l’incubateur public francilien

Ainsi, faire la part des choses devient de moins en moins évident, entre ce qui est présenté, et ce qui se passe réellement sur le terrain. Ainsi, David Bessis, fondateur et CEO de Tinyclues et membre de France Digitale donne un point de vue éclairé sur ce point en particulier:

David Bessy

« Pour ma part, je vois deux critères à identifier pour se revendiquer IA. Le premier est technologique : il s’agit d’utiliser des algorithmes d’apprentissage profond qui font émerger des concepts à partir de données brutes, en les structurant automatiquement ; selon ce critère faire du machine learning avec des algorithmes de régression logistique comme on en faisait il y a trente ans n’est pas de l’IA. Le second critère concerne l’expérience produit, IAfirst comme on dit, qui doit être radicalement nouvelle et permettre à l’utilisateur de faire quelque chose qu’on croyait réservé aux facultés supérieures de l’intelligence humaine, à l’instar de la voiture autonome, sans volant ni pédale. »

La tendance actuelle des start-ups avec l’intelligence artificielle semble avant tout applicative.Beaucoup d’entre elles réinventent de vieux logiciels, pour créer de nouvelles générations, notamment en exploitant les nouvelles données disponibles grâce au deep learning.

En outre, le déploiement des start-ups autour de cette technologie semble arriver par vague. Si la toute première fut consacrée au marketing, à l’extraction, l’analyse et l’exploitation des données notamment, c’est aujourd’hui des applications concernant le transport, l’énergie, l’aéronautique, la logistique, ou bien encore l’espace.

Ces dernières s’orientent donc vers les besoins sociétaux, et les causes qui sont soulevées et défendues aujourd’hui, comme l’environnement. La prévention en terme de santé est également un domaine dans lequel l’ia peu exceller, notamment en France. On peut par exemple citer Deepmind, qui se propose de détecter les insuffisances rénales, ou biene encore Weefight et son chatbot pour renseigner sur certaines maladies.

En France ou dans le monde, l’intelligence artificielle n’en est qu’à ses débuts, et pourrait améliorer le quotidien de millions de personnes.

Vous pourrez retrouver de nombreuses informations complémentaires dans l’étude détaillée de MMC Ventures.

Yvan Dupuy