navya navette
©Navya

Simple mauvaise passage ou mise en péril pour le célèbre constructeur de navettes autonomes Navya ? On apprend en effet que la société a doublé ses pertes au premier trimestre. Deux facteurs simultanés expliquent cette position délicate: l’augmentation de ses dépenses en terme de recherche et développement, et une chute des ventes en parallèle.

Un changement de stratégie en cause ?

La start-up, basée à Villeurbanne (dans le département du Rhône – 69) a, sur les 6 premiers mois de l’année, perdu la somme colossale de 13,8 millions d’euros, contre 6,9 millions un an plus tôt.

Le plus inquiétant reste sa marge brute, qui était positive il y a un an, et qui est désormais négative à hauteur de 0,9 millions. La société explique ces faits par une baisse de son chiffre d’affaires s’élevant à 6,1 millions d’euros (-32%). En outre, la société avait eu, à cette période, une commande exceptionnelle de 10 navettes de la part d’un consortium Européen.

Le récent changement de son modèle économique peut également être en cause. Ce dernier privilégie en effet la livraison de systèmes rendant les véhicules autonomes, plutôt que la livraison de véhicules complets. Une stratégie qui engendre des investissements en R & D plus important (+114%), ce qui, forcément, impacte les marges.

Navya reste confiante dans son avenir

Dans cette période tourmentée, la société confirme qu’elle va tester, dès le premier trimestre 2020, des véhicules autonomes de niveau 4. Elle pourra probablement les tester au japon , pays où elle a obtenu une autorisation de circulation sur route ouverte.

Mais, depuis cet aboutissement à l’international, l’entreprise a connu de nombreuses vicissitudes au sein de son directoire. Certains administrateurs indépendant, Marie-Laure Sauty de Chalon, et son président-fondateur Christophe Sapet ont « quitté le navire ». Depuis un nouveau Directeur à été nommé, en la personne d’Étienne Hermite.

Depuis sa création, l’entreprise a levé près de 64,1 millions d’euros lors de son entrée en bourse sur Euronext Paris.

Reste à savoir si les investisseurs principaux, 360 Capital Partners, Keolis et Valeo, continueront à lui faire confiance.

Yvan Dupuy